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Pastis de Monsieur L'Abbé
"Tout a commencé lorsqu'un client du Cabanon s'est plaint de la qualité du whisky que nous lui avions servi. L'abbé Boyer, qui ne faisait pas les choses à moitié, est ensuite chargé de trouver des fournisseurs susceptibles de pouvoir satisfaire une demande de qualité. Et nous avons commencé à importer un des meilleurs whiskies d'Écosse. Plus tard, un autre client du restaurant, l'ayant goûté, nous demanda des renseignements et se proposa de le commercialiser. C'est de là que tout est parti". Cette petite histoire racontée par Jean-Marie Kovacs est pourtant à l'origine de la réussite de la société qui commercialise à présent 350 000 bouteilles d'alcool par an.…… ......
En 1957, en accord avec l'archevêque de Paris et l'évêque
des Landes, l'abbé Boyer fondait une communauté regroupant
des anciens du clan scout "routier" dont il avait été l'aumônier.
"C'était un homme lucide et clairvoyant, ayant choisi de toujours
mettre des actes au bout de ses pensées. Un homme très
intelligent (agrégé de médecine, docteur en philosophie
et en théologie, neurochirurgien ... ) et un battant" se
rappelle J.M Kovacs. "Il s'est parfois opposé à
l'épiscopat mais sans jamais se crisper. Il avait souhaité
rassembler des gens dans un idéal de foi de façon réaliste,
un peu comme le faisaient les abbayes du XIIIe siècle. Cela ne pouvait
se faire que par le travail "
"Nous voulions également avoir une certaine indépendance vis-à-vis de nos producteurs, tant sur un plan commercial que sur une certaine éthique. D'où l'idée de créer nos propres alcools". Le
projet d'un pastis existait déjà dans l'esprit de l'abbé
Boyer. " L'abbé nous racontait qu'il avait régulièrement
vu dans sa jeunesse les gens remplir leur verre d'eau à la fontaine
du village avant de se servir avec la bouteille où les plantes macéraient
tranquillement, à la vue de tous". Sur les conseils d'un
vieil aromaticien qui leur livra plusieurs de ses secrets, les membres
de la communauté ont progressivement créé leur premier
arôme.
Les plantes choisies, évidemment séchées, sont d'abord infusées dans l'alcool jusqu'à 96 heures pour que le goût, les couleurs, les arômes passent entièrement dans le liquide. Le "jus" ainsi obtenu, appelé "teinture", est ensuite écoulé, filtré, puis mis en fût pour macérer plusieurs mois. Le pastis industriel n'attend pas ce "lavage" indolent des huiles essentielles. Ce qui explique sans doute que "seulement" 100 000 bouteilles de Pastis Boyer voient le jour chaque année, contre 140 millions pour l'ensemble des marques sur l'ensemble du marché national ! Ils ne sont que deux fabriques en France à réaliser ainsi cet alcool macéré, infiniment plus riche qu'un alcool distillé. Un savoir-faire presque oublié qui était pourtant la règle au début du siècle : certaines absinthes ne demandaient-elles une macération des plantes de 4 ou 5 ans ? Aujourd'hui, la SA Jean Boyer produit actuellement 4 variétés, déclinées en 8 produits. U |